Taxe d'enlèvement des ordures ménagères : pourquoi elle grimpe encore en 2026
Glissée dans le même avis que la taxe foncière, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) pèse de plus en plus lourd. En 2026, elle poursuit sa hausse, portée notamment par le renchérissement du traitement des déchets. On vous explique d'où vient cette augmentation, qui la paie vraiment, et ce que le bailleur peut refacturer au locataire.

Chaque automne, l'avis de taxe foncière réserve parfois une mauvaise surprise qui n'a rien à voir avec le foncier : la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Discrète, glissée sur la même feuille, elle pèse pourtant de plus en plus lourd. En 2026, elle poursuit sa hausse tendancielle. Voyons d'où vient cette augmentation, qui la supporte réellement, et ce qu'un bailleur peut ou non répercuter sur son locataire.
Une taxe adossée à la taxe foncière
Première chose à comprendre : la TEOM finance un service concret — la collecte et le traitement des déchets ménagers sur le territoire de votre commune ou de votre intercommunalité. Elle est calculée sur la même base que la taxe foncière, à savoir la valeur locative cadastrale du logement, et figure sur le même avis d'imposition.
Conséquence : son montant dépend surtout des caractéristiques du logement et du taux voté localement, pas de la quantité de déchets que vous produisez réellement (sauf dans les collectivités ayant mis en place une part incitative). C'est aussi ce qui explique qu'elle suive les évolutions de la fiscalité locale, comme la revalorisation des bases de la taxe foncière.
Pourquoi ça monte en 2026
La hausse n'est pas un hasard : traiter les déchets coûte de plus en plus cher. Deux moteurs se cumulent.
- Le coût du service progresse : collecte, transport, tri et traitement subissent la hausse de l'énergie et de la main-d'œuvre.
- La fiscalité sur le traitement des déchets suit une trajectoire de hausse programmée : la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), qui pèse sur le stockage et l'incinération, est appelée à augmenter par paliers dans les années qui viennent. Cette montée renchérit le coût supporté par les collectivités, qui en répercutent une partie sur la TEOM.
Les collectivités invoquent ainsi, pour justifier les hausses, la combinaison de ces facteurs. Sur plusieurs années, la tendance est nette : la facture « déchets » des ménages s'alourdit.
Qui paie, du propriétaire ou du locataire ?
C'est une question qui revient souvent, et la réponse mérite d'être précise. Juridiquement, c'est le propriétaire qui est redevable de la TEOM, puisqu'elle est adossée à la taxe foncière. Mais elle fait partie des charges récupérables : un bailleur peut la refacturer au locataire lors de la régularisation annuelle des charges, à condition d'en justifier le montant.
C'est une différence de taille avec la taxe foncière elle-même, qui, elle, reste exclusivement à la charge du propriétaire. Pour un bailleur, la TEOM est donc un poste à suivre de près : il s'inscrit dans une fiscalité locative déjà chargée, aux côtés de la taxe foncière et, pour les résidences secondaires, de la majoration de taxe d'habitation.
Ce que chacun peut faire
Sur la TEOM classique, l'usager a peu de leviers directs : le montant dépend de la valeur locative, pas du volume jeté. Deux pistes existent néanmoins.
D'abord, vérifier son avis : la ligne TEOM y est distincte de la taxe foncière, ce qui permet d'en suivre l'évolution et de repérer une hausse anormale. Ensuite, se renseigner auprès de son intercommunalité : certaines appliquent une tarification incitative, liée au volume réellement produit, où réduire ses déchets a un effet concret.
Enfin, à l'échelle collective, moins de déchets = moins de pression sur la filière. Sur un chantier, cela passe par le tri et surtout par le réemploi : distinguer ce qui peut être revendu ou donné de ce qui relève de la filière déchets. C'est tout l'objet de notre guide sur que faire des restes de chantier — un réflexe qui allège les bennes… et, à terme, le coût que la collectivité doit répercuter.
À retenir
La TEOM poursuit sa hausse en 2026, portée par le coût croissant du traitement des déchets et la montée de la TGAP. Adossée à la taxe foncière, elle est due par le propriétaire, mais récupérable auprès du locataire dans les charges. Le bon réflexe reste de lire le détail de son avis, de connaître le système en vigueur dans son intercommunalité, et de réduire ses déchets là où c'est possible — en particulier en privilégiant le réemploi des matériaux.
Sources : impots.gouv.fr et service-public.fr (fonctionnement de la TEOM et des charges récupérables) ; analyses de BailFacile, Foncia et Plan-Immobilier sur la trajectoire 2026 et la TGAP. Pour votre situation, référez-vous à votre avis et à votre intercommunalité.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la TEOM, et qui la paie ?
- La taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) finance la collecte et le traitement des déchets ménagers sur le territoire d'une commune ou d'une intercommunalité. Elle est calculée sur la même base que la taxe foncière (la valeur locative cadastrale) et apparaît sur le même avis d'imposition. Juridiquement, c'est le propriétaire du bien qui en est redevable. En cas de location, elle fait toutefois partie des charges dites récupérables.
- Un propriétaire peut-il la refacturer à son locataire ?
- Oui. La TEOM figure parmi les charges récupérables : le bailleur, qui la règle avec sa taxe foncière, peut la répercuter sur le locataire lors de la régularisation annuelle des charges. Il doit pour cela être en mesure de justifier le montant. C'est une différence importante avec la taxe foncière elle-même, qui reste, pour sa part, à la charge exclusive du propriétaire.
- Pourquoi la taxe augmente-t-elle en 2026 ?
- Plusieurs facteurs se cumulent. D'abord, le coût de la collecte, du transport et du traitement des déchets progresse, sous l'effet notamment de l'énergie et de la main-d'œuvre. Ensuite, la fiscalité pesant sur le stockage et l'incinération des déchets — la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) — suit une trajectoire de hausse programmée dans le temps. Les collectivités, qui financent le service, répercutent une partie de ces coûts sur la TEOM.
- Peut-on réduire ce que l'on paie ?
- La TEOM classique dépend de la valeur locative du logement, pas de la quantité de déchets produits : réduire ses déchets ne fait donc pas mécaniquement baisser la taxe pour l'usager. Certaines collectivités expérimentent toutefois une part incitative (souvent appelée tarification incitative), liée au volume ou au poids réellement jetés. Renseignez-vous auprès de votre intercommunalité pour savoir quel système s'applique chez vous.
- Quand reçoit-on l'avis et jusqu'à quand payer ?
- La TEOM est prélevée chaque année par la commune ou l'intercommunalité, sur le même avis que la taxe foncière, généralement reçu à l'automne. Les dates limites de paiement sont celles indiquées sur votre avis. Pensez à vérifier le détail : la ligne TEOM y est distincte de la taxe foncière proprement dite, ce qui vous permet d'en suivre l'évolution d'une année sur l'autre.
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