Louer en meublé de tourisme en 2026 : numéro d'enregistrement, DPE, ce qui a changé avec la loi Le Meur
Airbnb, Booking, Abritel : louer un meublé de tourisme n'a plus rien d'improvisé en 2026. La loi Le Meur et son décret d'application imposent un numéro d'enregistrement national, un DPE minimal en zone tendue et un plafond de jours pour la résidence principale. Le point sur des règles désormais assorties de fortes amendes.

Fini l'improvisation. Louer un appartement sur Airbnb, Booking ou Abritel est devenu, en 2026, une activité encadrée, tracée et sanctionnée. La loi Le Meur — du nom de son rapporteur — et son décret d'application ont posé un cadre national que tout propriétaire de meublé de tourisme doit désormais connaître avant de publier la moindre annonce.
Une réforme née d'un déséquilibre local
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 part d'un constat : dans les villes touristiques et tendues, la location de courte durée a asséché l'offre de logements pour les habitants à l'année. Le texte poursuit trois objectifs : réguler le nombre de meublés de tourisme, rendre le marché transparent grâce à un enregistrement national, et aligner progressivement ces logements sur des exigences de performance énergétique.
Les modalités techniques, longtemps attendues, ont été fixées par le décret n° 2026-196 du 19 mars 2026, qui a organisé le fonctionnement du téléservice national d'enregistrement.
Le numéro d'enregistrement, désormais contrôlé par les plateformes
C'est le changement le plus visible. Chaque meublé de tourisme doit disposer d'un numéro d'enregistrement national, unique et valable partout en France, affiché sur l'annonce. La grande nouveauté : depuis le 20 mai 2026, les plateformes ont l'obligation de bloquer ou de retirer toute annonce qui n'affiche pas de numéro valide.
L'enjeu n'est pas anecdotique : le non-affichage du numéro expose à une amende pouvant atteindre 5 000 € par annonce. Le déploiement complet du portail national est attendu pour la fin d'année 2026, mais l'obligation, elle, est déjà là.
Le DPE entre dans la danse
Deuxième pilier : la performance énergétique. En zone tendue, une nouvelle mise en location de courte durée peut être conditionnée à un DPE d'au moins la classe E. L'objectif affiché est d'aligner peu à peu les meublés de tourisme sur les exigences déjà applicables aux autres logements, avec un durcissement progressif des seuils dans les années à venir.
Bonne nouvelle pour les propriétaires : le mode de calcul du DPE a évolué en 2026, avec un coefficient de conversion de l'électricité revu à la baisse, ce qui améliore mécaniquement la note de nombreux logements chauffés à l'électricité — parfois sans le moindre travaux.
Résidence principale : 120 jours, ou 90 en zone tendue
Le plafond de location de la résidence principale reste fixé à 120 jours par an. Mais la loi Le Meur autorise désormais les communes en zone tendue à l'abaisser à 90 jours. Plusieurs grandes villes ont déjà franchi le pas. Là encore, la sanction est dissuasive : un dépassement peut coûter jusqu'à 15 000 €.
Ne pas confondre avec la location à l'année
Attention à ne pas mélanger les régimes. La loi Le Meur vise uniquement la location meublée de courte durée. La location classique à l'année, elle, suit un autre cadre, lui aussi en mouvement — avec le nouveau contrat type de location applicable au 1er octobre 2026 et le calendrier de sortie progressive des passoires thermiques du marché locatif.
Se mettre aux normes sans se ruiner
Améliorer un DPE, rafraîchir un meublé entre deux saisons, remplacer une VMC ou des menuiseries : ces travaux se chiffrent vite. Le déstockage de matériaux permet de les mener à prix cassés, avec les mêmes produits qu'en magasin. Et pour connaître les obligations exactes applicables à votre commune, l'information de référence reste service-public.fr et votre mairie, qui font foi.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la loi Le Meur ?
- La loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) est la grande réforme des locations meublées de tourisme. Elle vise à mieux réguler les locations de courte durée dans les zones où elles pèsent sur le logement des habitants à l'année, à renforcer la transparence via un enregistrement national et à aligner progressivement ces logements sur des exigences de performance énergétique. Son décret d'application n° 2026-196 du 19 mars 2026 en a précisé les modalités techniques.
- Le numéro d'enregistrement est-il obligatoire partout ?
- L'enregistrement se généralise via un téléservice national. Un numéro unique, valable pour toute la France, doit être affiché sur les annonces. Depuis le 20 mai 2026, les plateformes ont l'obligation de bloquer ou de retirer les annonces dépourvues d'un numéro valide. Certaines communes exigeaient déjà une déclaration en mairie ; la nouveauté est l'harmonisation nationale et le contrôle par les plateformes elles-mêmes. Le non-affichage expose à une amende pouvant atteindre 5 000 € par annonce.
- Quel DPE faut-il pour louer en meublé de tourisme ?
- En zone tendue, une nouvelle mise en location de courte durée peut être conditionnée à un diagnostic de performance énergétique (DPE) atteignant au minimum la classe E. La logique est d'aligner peu à peu les meublés de tourisme sur les exigences applicables aux autres logements, avec un durcissement progressif des seuils dans les années à venir. Hors zone tendue, les obligations peuvent différer : renseignez-vous auprès de votre mairie.
- Combien de jours puis-je louer ma résidence principale ?
- Le plafond de droit commun reste de 120 jours par an pour la location de courte durée de sa résidence principale. Mais la loi Le Meur permet aux communes situées en zone tendue de l'abaisser à 90 jours. Certaines grandes villes ont déjà activé ce plafond réduit. Un dépassement expose à une sanction financière, qui peut atteindre 15 000 €.
- Ces règles s'appliquent-elles aux locations de longue durée classiques ?
- Non. La loi Le Meur vise spécifiquement les meublés de tourisme, c'est-à-dire la location meublée de courte durée à une clientèle de passage. La location nue ou meublée à l'année, en résidence principale du locataire, relève d'un autre régime, lui aussi en évolution — notamment avec le nouveau contrat type de location. Il ne faut pas confondre les deux cadres, dont les obligations et les échéances diffèrent.
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