DPE 2026 : la réforme qui sort 850 000 logements du statut de passoire thermique
Au 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité dans le DPE passe de 2,3 à 1,9. Résultat : environ 850 000 logements quittent le statut de passoire, sans aucun travaux. On vous explique ce que ça change concrètement.

Une réforme technique du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) entre en vigueur au 1er janvier 2026, et elle ne passe pas inaperçue : selon les estimations, environ 850 000 logements quittent le statut de passoire thermique sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé. Derrière ce chiffre spectaculaire, un simple ajustement de calcul. Voici ce qu'il faut comprendre — et pourquoi cela ne dispense pas de rénover.
Ce qui change : le coefficient de l'électricité
Le DPE note un logement selon sa consommation d'énergie primaire. Pour passer de l'électricité réellement consommée à cette énergie primaire, on applique un coefficient de conversion. Fixé à 2,3 depuis 2006, ce coefficient passe à 1,9 au 1er janvier 2026.
Concrètement, la consommation d'énergie primaire d'un logement chauffé à l'électricité est mécaniquement réduite d'environ 17 % — sans rien changer dans le logement. Ce réajustement vise à mieux refléter un mix électrique français davantage décarboné qu'il y a vingt ans.
Pourquoi 850 000 logements « sortent » de la zone rouge
Beaucoup de logements classés F ou G chauffés à l'électricité se trouvaient juste au-dessus d'un seuil. En abaissant la consommation d'énergie primaire calculée, le nouveau coefficient fait basculer ces logements dans une meilleure classe (souvent de G vers F, ou de F vers E). D'où l'estimation d'environ 850 000 logements qui quittent le statut de passoire thermique, sur le papier.
Ce qui ne change PAS : le calendrier d'interdiction de location
La réforme du coefficient n'a pas touché au calendrier issu de la loi Climat et Résilience. Pour la mise en location, il reste :
- Classe G : interdite à la location depuis le 1er janvier 2025 ;
- Classe F : interdite à compter du 1er janvier 2028 ;
- Classe E : interdite à compter du 1er janvier 2034.
En outre-mer, le calendrier est décalé (G en 2028, F en 2031, E en 2034). À noter : l'interdiction vise les nouveaux contrats, renouvellements et reconductions tacites ; les baux en cours se poursuivent normalement.
Le piège à éviter : confondre l'étiquette et la facture
C'est le point essentiel. Gagner une classe grâce au nouveau coefficient n'enlève pas un seul kilowattheure à votre consommation réelle. Votre facture, elle, ne bouge pas. Pour un propriétaire bailleur, c'est un répit administratif bienvenu ; pour le confort et le budget de l'occupant, seuls de vrais travaux comptent : isolation des combles et des murs, traitement des ponts thermiques, ventilation, remplacement des menuiseries et d'un chauffage énergivore.
Autrement dit : profitez de ce répit pour planifier sereinement une rénovation efficace, plutôt que pour l'éviter. Un logement réellement performant garde sa valeur — et reste louable aux échéances suivantes. À ce sujet, un projet de loi pourrait autoriser à relouer les passoires thermiques sous conditions de travaux : une raison de plus d'anticiper.
Par où commencer concrètement
- Faites le point sur votre logement : un DPE réalisé sous les nouvelles règles vous donne votre étiquette à jour, et un audit identifie les vrais postes de déperdition.
- Priorisez l'isolation avant le chauffage : c'est le geste au meilleur rapport coût / économies.
- Chiffrez le reste à charge : le prix des matériaux pèse lourd dans le budget final.
Si vous attaquez vous-même certains lots, nos guides monter une cloison en placo (pour doubler et isoler un mur) et peindre un mur comme un pro vous font gagner de la main-d'œuvre. Et pour les aides mobilisables en parallèle, relisez ce qui change pour MaPrimeRénov' en 2026.
Côté budget matériaux
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Cet article est informatif et résume une évolution réglementaire. Pour votre situation précise (étiquette, éligibilité aux aides, obligations de bailleur), rapprochez-vous d'un conseiller France Rénov' ou du service public officiel.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que le coefficient de conversion de l'électricité dans le DPE ?
- C'est un facteur qui convertit l'électricité réellement consommée en « énergie primaire », l'unité utilisée pour noter le logement. Fixé à 2,3 depuis 2006, il reflétait les pertes liées à la production et au transport de l'électricité. En passant à 1,9 au 1er janvier 2026, il valorise un mix électrique français plus décarboné : un logement chauffé à l'électricité affiche désormais une consommation d'énergie primaire plus basse, donc une meilleure étiquette.
- Mon logement va-t-il changer d'étiquette DPE automatiquement ?
- Pas tout seul. Le nouveau coefficient s'applique aux DPE réalisés à partir du 1er janvier 2026. Pour faire reconnaître une meilleure étiquette, il faut généralement un DPE réalisé sous les nouvelles règles. Les diagnostics établis avant cette date restent valables jusqu'à leur expiration, sauf nouvelle évaluation.
- Le calendrier d'interdiction de location change-t-il ?
- Non. Issu de la loi Climat et Résilience, il reste le même : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront au 1er janvier 2028 et les E au 1er janvier 2034 (avec un calendrier décalé en outre-mer). Seuls les nouveaux contrats, renouvellements et reconductions tacites sont concernés ; les baux en cours se poursuivent.
- Sortir du statut de passoire sur le papier suffit-il ?
- Non, et c'est l'essentiel à retenir. Le changement de coefficient améliore l'étiquette sans réduire d'un kilowattheure votre consommation réelle. Pour faire baisser vos factures et le confort, seuls de vrais travaux comptent : isolation, étanchéité à l'air, ventilation, système de chauffage performant.
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