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Sécurité incendie : ce que le décret du 19 novembre 2025 change pour les bâtiments professionnels au 1er juillet 2026

Le décret n° 2025-1100 réorganise en profondeur la sécurité incendie des bâtiments à usage professionnel. Un premier volet est entré en vigueur le 1er juillet 2026 : cadre des solutions d'effet équivalent et renforcement du registre de sécurité. Un second, prévu au 1er janvier 2027, fait basculer ces règles du Code du travail vers le Code de la construction et de l'habitation. Ce qu'il faut retenir.

La rédaction BRIKER 27 juillet 2026 4 min de lecture
Sécurité incendie : ce que le décret du 19 novembre 2025 change pour les bâtiments professionnels au 1er juillet 2026

La sécurité incendie des lieux de travail fait l'objet d'une réorganisation d'ampleur. Le décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 revoit les règles applicables aux bâtiments à usage professionnel (BUP) et les fait évoluer en deux temps : un premier volet appliqué depuis le 1er juillet 2026, un second attendu au 1er janvier 2027. Voici ce qu'il faut comprendre, sans jargon, que vous gériez un atelier, un commerce ou des bureaux.

Un texte qui simplifie en réorganisant

L'idée directrice du décret est l'harmonisation. Jusqu'ici, les règles de sécurité incendie des lieux de travail relevaient pour partie du Code du travail, tandis que les établissements recevant du public suivaient un autre corpus. Cette dispersion nuisait à la lisibilité des obligations.

Le décret entreprend donc de regrouper ces règles et de rapprocher le régime des bâtiments professionnels de celui des ERP. Objectif : que les gestionnaires n'aient plus à naviguer entre plusieurs codes pour savoir ce qui s'applique à leurs locaux. Comme toujours en matière réglementaire, ce sont les textes publiés au Journal officiel — le décret et ses éventuels arrêtés d'application — qui font foi.

Ce qui s'applique depuis le 1er juillet 2026

La première échéance porte sur deux sujets concrets.

Les solutions d'effet équivalent (SEE). Le décret introduit une souplesse importante : au lieu d'appliquer mécaniquement une prescription technique, il devient possible de mettre en œuvre une solution alternative, à condition qu'elle garantisse un niveau de sécurité au moins équivalent. Depuis le 1er juillet 2026, ces solutions doivent répondre à des exigences fonctionnelles précises : prévenir l'apparition d'un incendie, limiter son développement et sa propagation, sécuriser l'évacuation des occupants et permettre l'intervention des secours. C'est une logique « par la performance », qui suppose une étude justificative solide.

Le registre de sécurité incendie renforcé. Le registre n'est plus un simple classeur administratif. Il doit désormais intégrer les justificatifs relatifs aux solutions d'effet équivalent, la traçabilité des vérifications périodiques des équipements de sécurité et les consignes d'évacuation actualisées. Autrement dit, il devient l'outil central du pilotage de la sécurité incendie d'un bâtiment — et la pièce que consulteront en priorité les organismes de contrôle.

Ce qui basculera au 1er janvier 2027

La seconde échéance est plus structurelle. À compter du 1er janvier 2027, les dispositions réglementaires concernant la sécurité incendie des BUP quittent le Code du travail pour être intégrées au Code de la construction et de l'habitation. Ce déménagement juridique parachève l'harmonisation avec les règles applicables aux établissements recevant du public.

Pour les entreprises et les gestionnaires, l'enjeu pratique est double : d'une part, mettre à jour leurs références documentaires (les procédures internes qui renvoient à des articles du Code du travail devront pointer vers les nouveaux articles) ; d'autre part, anticiper les échéances de vérification pour que le registre soit à jour le moment venu.

Ce qu'il faut faire dès maintenant

Sans attendre 2027, quelques réflexes utiles :

  • Faire l'inventaire de ses équipements de sécurité (extincteurs, robinets d'incendie armés, désenfumage, éclairage de secours) et de leurs dates de vérification.
  • Mettre le registre de sécurité à niveau : traçabilité des contrôles, consignes d'évacuation, justificatifs des éventuelles solutions d'effet équivalent.
  • Se faire accompagner par un professionnel de la prévention (bureau de contrôle, coordonnateur SSI) pour les points techniques — l'interprétation d'un texte incendie appliquée à un local précis ne s'improvise pas.

Ces obligations concernent la conformité du bâtiment, pas seulement son équipement. Elles rejoignent d'autres évolutions réglementaires que nous suivons pour le secteur, comme l'obligation du détecteur de fumée dans les logements, l'extension de la RE2020 aux bâtiments tertiaires neufs ou encore le passeport de prévention dans le BTP. Un même mouvement de fond : plus de traçabilité, plus de responsabilité documentée.

Notre lecture

Ce décret n'ajoute pas seulement des contraintes : en offrant le cadre des solutions d'effet équivalent, il ouvre aussi une porte à des dispositifs mieux adaptés à la réalité d'un bâtiment, dès lors que l'équivalence de sécurité est démontrée. Le prix à payer, c'est la rigueur documentaire : un registre tenu, des vérifications tracées, des justificatifs archivés. Pour un professionnel, c'est aussi une assurance en cas de sinistre.

Et si la conformité passe par des travaux — cloisonnement coupe-feu, portes, signalétique, remplacement d'équipements —, le poste matériaux reste un levier que vous maîtrisez : comparer les prix et profiter des lots déstockés permet de sécuriser un bâtiment sans faire exploser le budget.

Sources : décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 (Légifrance) ; analyses publiées par Officiel Prévention et la presse spécialisée en prévention des risques. En cas de doute sur l'application à un bâtiment précis, référez-vous au texte publié au Journal officiel et à un professionnel de la prévention incendie.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une « solution d'effet équivalent » en sécurité incendie ?
C'est une solution technique ou organisationnelle qui remplace une prescription réglementaire classique, à condition de garantir un niveau de sécurité au moins équivalent à celui de la règle de référence. Autrement dit, plutôt que d'appliquer à la lettre une exigence prescriptive, le maître d'ouvrage peut proposer un dispositif différent — sous réserve d'en démontrer l'équivalence sur les objectifs essentiels : prévenir l'apparition d'un incendie, limiter son développement et sa propagation, garantir l'évacuation des occupants et permettre l'intervention des secours. Cette approche « par la performance » suppose une étude justificative et une traçabilité rigoureuse.
Quels bâtiments sont concernés par le décret n° 2025-1100 ?
Le texte vise les bâtiments à usage professionnel (BUP), c'est-à-dire les lieux de travail. L'objectif affiché est d'harmoniser les règles incendie qui leur sont applicables avec celles des établissements recevant du public, en les regroupant dans un même code. Chaque situation reste particulière : la nature de l'activité, la taille du bâtiment et les effectifs déterminent les obligations précises. Pour savoir ce qui s'applique à un local donné, la référence reste le texte publié au Journal officiel et l'accompagnement d'un bureau de contrôle ou d'un coordonnateur SSI.
Qu'est-ce qui change concrètement au 1er juillet 2026 ?
Deux points principaux. D'une part, les exigences fonctionnelles encadrant les solutions d'effet équivalent entrent en vigueur : ces solutions doivent désormais répondre à des critères précis de prévention, de limitation de la propagation et de sécurisation de l'évacuation. D'autre part, le registre de sécurité incendie voit ses obligations renforcées : il doit intégrer les justificatifs relatifs aux solutions d'effet équivalent, la traçabilité des vérifications périodiques des équipements et les consignes d'évacuation actualisées. Le registre devient ainsi un véritable outil de pilotage de la sécurité.
Et au 1er janvier 2027 ?
C'est la seconde échéance du décret. À cette date, les dispositions réglementaires relatives à la sécurité incendie des bâtiments à usage professionnel quittent le Code du travail pour être intégrées au Code de la construction et de l'habitation. Ce transfert ne change pas seulement une adresse juridique : il vise à unifier la lecture des obligations, en rapprochant le régime des lieux de travail de celui des établissements recevant du public. Pour les gestionnaires, l'enjeu sera de vérifier que leurs références documentaires pointent vers les bons articles.
Un particulier est-il concerné par ce décret ?
Non, pas directement : ce texte encadre les bâtiments à usage professionnel, pas les logements. Dans l'habitation, la règle la plus connue reste l'obligation d'installer un détecteur autonome avertisseur de fumée. Un artisan, un commerçant ou un gestionnaire de locaux professionnels, en revanche, a tout intérêt à faire le point sur son registre de sécurité et sur ses installations. En cas de doute sur l'application à un local précis, mieux vaut se rapprocher d'un professionnel de la prévention incendie plutôt que d'interpréter seul le texte.

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