Peu de copropriétaires le savent, mais l'extinction des réseaux 2G et 3G — programmée par étapes entre 2026 et 2029 — touche un équipement du quotidien : l'ascenseur. Un décret du 4 mars 2026 vient encadrer la modernisation des systèmes d'alerte, avec des obligations qui pèsent depuis le 1er avril 2026 sur les propriétaires et les entreprises de maintenance.
Le problème : une téléalarme branchée sur un réseau qui disparaît
Dans une cabine, le bouton d'appel d'urgence relie l'usager à un service d'assistance. Sur de nombreux appareils, cette téléalarme communique via la 2G ou la 3G. Problème : ces réseaux s'éteignent progressivement. Sans mise à niveau, l'appel d'urgence risque de ne plus aboutir — un vrai enjeu de sécurité pour une personne bloquée.
Sur environ 650 000 ascenseurs en France, près de 290 000 fonctionnent encore avec une téléalarme 2G/3G, d'après les analyses publiées (Banque des Territoires, association ARC, monimmeuble.com). Ce sont eux qui doivent basculer vers une solution durable.
Ce que le décret n° 2026-166 impose
Le texte renforce les obligations à trois niveaux — propriétaires, sociétés de maintenance et contrôleurs techniques :
- Depuis le 1er avril 2026, l'entreprise de maintenance doit vérifier toutes les six semaines que le dispositif d'alarme et de communication fonctionne correctement.
- Si le système repose encore sur un réseau obsolète, elle doit alerter le propriétaire par lettre recommandée, avec un rappel au moins tous les six mois jusqu'à la réalisation des travaux.
- Les règles de contrôle technique évoluent également (à compter du 15 mai 2026) : le contrôleur vérifie non seulement le fonctionnement de l'alarme, mais aussi sa compatibilité avec des réseaux non obsolètes.
À défaut de mise en conformité, l'ascenseur peut être arrêté.
Combien ça coûte, et qui paie
Le remplacement du module de communication vers une solution 4G, LTE-M, 5G ou IP/fibre est estimé, à titre indicatif, entre 800 et 1 500 € par ascenseur. En copropriété, la dépense est répartie entre les copropriétaires selon les règles habituelles. Mieux vaut l'anticiper au budget que subir un arrêt de l'appareil en pleine période de forte fréquentation.
Cette nouvelle échéance s'ajoute à un calendrier déjà chargé pour les copropriétés en 2026 : la généralisation du plan pluriannuel de travaux (PPT), l'obligation de DPE collectif et, côté rénovation, l'aide MaPrimeRénov' pour les parties communes. Autant de sujets à coordonner en assemblée générale.
Le bon réflexe pour le conseil syndical
- Demandez au syndic l'état de votre téléalarme : réseau utilisé, compatibilité, échéance.
- Faites chiffrer la mise à niveau et inscrivez-la à l'ordre du jour de la prochaine AG.
- Vérifiez que le contrat de maintenance intègre bien les contrôles renforcés prévus par le décret.
- Anticipez le financement via le fonds de travaux plutôt que d'attendre un arrêt d'exploitation.
Et pour les autres travaux de la copropriété
La mise en conformité de l'ascenseur n'est qu'un poste parmi d'autres. Quand la copropriété engage des travaux d'entretien ou de rénovation des parties communes — peinture des cages d'escalier, revêtements, menuiseries, éclairage — le déstockage de matériaux permet de s'équiper aux mêmes références qu'en magasin, à prix réduits. Un budget de copropriété mieux tenu, sur des postes où chaque euro compte.
Questions fréquentes
- Pourquoi les ascenseurs sont-ils concernés par la fin de la 2G et de la 3G ?
- De nombreux ascenseurs utilisent un système de téléalarme (le bouton d'appel d'urgence dans la cabine) qui communique via les réseaux mobiles 2G ou 3G. Or ces réseaux s'éteignent progressivement en France entre 2026 et 2029. Sans mise à niveau, l'appel d'urgence pourrait ne plus aboutir : c'est un enjeu de sécurité, notamment en cas de personne bloquée dans la cabine.
- Que dit exactement le décret n° 2026-166 ?
- Publié le 4 mars 2026, il renforce les obligations des propriétaires d'ascenseurs, des sociétés de maintenance et des contrôleurs techniques. Depuis le 1er avril 2026, l'entreprise de maintenance doit vérifier toutes les six semaines que le dispositif d'alarme et de communication fonctionne. Si le système repose encore sur un réseau voué à disparaître, elle doit en informer le propriétaire par lettre recommandée, avec un rappel au moins tous les six mois jusqu'à la réalisation des travaux.
- Combien d'ascenseurs faut-il moderniser ?
- La France compte environ 650 000 ascenseurs. D'après les analyses publiées, près de 290 000 d'entre eux fonctionnent encore avec une téléalarme reliée à la 2G ou à la 3G. Ce sont ces appareils qui doivent basculer vers une solution pérenne : 4G, LTE-M, 5G, ou une liaison IP/fibre.
- Combien coûte la mise en conformité ?
- À titre indicatif, le passage vers une solution 4G, LTE-M ou IP est estimé entre 800 et 1 500 € par ascenseur, selon les sources spécialisées. Le coût est supporté par le propriétaire — en copropriété, il est réparti entre les copropriétaires selon les règles habituelles. Il est utile d'anticiper ce poste au budget de la copropriété plutôt que d'attendre l'arrêt de l'appareil.
- Que se passe-t-il si rien n'est fait ?
- Si les travaux ne sont pas réalisés, l'ascenseur peut être mis à l'arrêt. Au-delà de la contrainte réglementaire, laisser une téléalarme inopérante fait courir un risque de sécurité réel. Le conseil syndical et le syndic ont donc intérêt à inscrire la question à l'ordre du jour et à faire chiffrer la mise à niveau sans tarder.
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