La refondation de la REP PMCB reste un sujet très concret pour les artisans : où déposer les déchets triés, à quel coût et avec combien de kilomètres improductifs ? Remise en avant par la presse professionnelle le 5 octobre, la position de la CAPEB repose sur trois demandes constantes : reprise sans frais des petits volumes, points de collecte accessibles et financement suffisant de la filière.
Ce que demande la CAPEB
La Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment défend le maintien d'une reprise sans frais pour les déchets triés inférieurs à 1,5 tonne ou 3 m³ dans les points composant le maillage territorial. Elle rappelle que les entreprises supportent déjà les éco-contributions intégrées aux produits achetés.
Cette demande ne doit pas être confondue avec une garantie de gratuité pour n'importe quel chargement. Les flux acceptés, leur niveau de tri et les conditions du point de reprise restent déterminants. Avant de charger le véhicule, il faut donc identifier chaque matériau et vérifier le site d'accueil.
La CAPEB demande aussi un réseau suffisamment proche des chantiers. Un point théoriquement disponible mais éloigné, aux horaires inadaptés ou incapable d'accepter plusieurs flux ne répond pas au besoin d'une petite entreprise. Les kilomètres, le temps d'attente et les doubles déplacements finissent par peser sur le devis.
Ce que prévoit la refondation
Le ministère de la Transition écologique a présenté en février une refondation destinée à rendre la filière plus efficace et plus lisible. Dans les zones où le réseau est insuffisant, il évoque notamment des aides à l'investissement, des soutiens additionnels et des solutions de reprise en entrepôt.
La CAPEB insiste de son côté sur le financement : les producteurs doivent prendre en charge, à l'échelle de la filière, au moins 80 % des coûts nécessaires à la gestion des déchets, selon le cadre juridique qu'elle rappelle. Le débat porte donc moins sur l'existence de la REP que sur la qualité réelle du service rendu aux professionnels.
Sur le chantier, trier avant de transporter
Le premier levier reste l'organisation. Une zone identifiée pour le bois, une autre pour les métaux, une protection contre la pluie et des contenants adaptés évitent qu'un matériau propre devienne un mélange refusé. Notre guide pour trier et stocker les surplus de chantier détaille cette préparation.
Il faut aussi séparer le surplus réemployable du déchet. Des paquets intacts, des dalles propres, des briques non cassées ou un équipement complet peuvent encore être proposés à un autre chantier. À l'inverse, les gravats, matériaux souillés, produits dangereux et éléments sans traçabilité doivent suivre une filière autorisée. BRIKER ne collecte pas les déchets.
Cette distinction rejoint le développement de matériaux intégrant des ressources recyclées, comme les panneaux MDF à fibres recyclées, mais le recyclage et le réemploi ne sont pas identiques. Réemployer conserve l'usage du produit ; recycler transforme sa matière.
Les bons réflexes pour l'entreprise
Avant chaque chantier, renseignez-vous sur les points de reprise autour du site et de l'entrepôt, leurs horaires et les justificatifs demandés. Intégrez au devis le tri, les contenants et la logistique. Conservez les bordereaux lorsque la réglementation ou le donneur d'ordre l'exige.
Une fiche de tri affichée dans le véhicule ou près des contenants aide toute l'équipe à appliquer les mêmes règles. Mettez-la à jour lorsque le point de reprise change ses consignes : une information ancienne peut provoquer un refus et un trajet supplémentaire.
Enfin, ne promettez jamais au client une gratuité qui dépend d'un tiers. Présentez clairement ce qui relève du réemploi, de la reprise et du traitement. La refondation de la REP PMCB doit améliorer le système, mais la qualité du tri reste indispensable pour qu'il fonctionne.
Sources : CAPEB, position du 18 septembre 2026 ; Ministère de la Transition écologique, refondation de la REP PMCB ; ADEME, filière PMCB.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la REP PMCB ?
- C'est la filière de responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction du bâtiment. Elle organise et finance une partie de la collecte et du traitement des déchets concernés.
- Tous les déchets de chantier sont-ils repris gratuitement ?
- Non. La reprise dépend du flux, du tri, du point de collecte et des règles en vigueur. Il faut vérifier les conditions avant le déplacement.
- Quel seuil la CAPEB défend-elle pour les petits volumes ?
- La CAPEB demande une reprise sans frais des volumes triés inférieurs à 1,5 tonne ou 3 m³ dans le maillage territorial. Il s'agit d'une revendication professionnelle, pas d'une règle générale à présumer partout.
- BRIKER collecte-t-il les gravats ?
- Non. BRIKER permet de proposer des matériaux propres, sûrs et réutilisables ; ce n'est pas un service de collecte de déchets ou de gravats.
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