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Label RGE : l'arrêté du 23 juin 2026 ouvre la qualification par l'expérience — ce qui change pour les artisans

Un arrêté publié au Journal officiel le 23 juin 2026 assouplit l'accès au label RGE, indispensable pour que vos clients touchent les aides à la rénovation. Qualification par validation des acquis de l'expérience, attestation « par chantier » pérennisée, audits allégés pour les petites structures : le point sur une réforme attendue par la profession.

La rédaction BRIKER 27 juillet 2026 4 min de lecture
Label RGE : l'arrêté du 23 juin 2026 ouvre la qualification par l'expérience — ce qui change pour les artisans

Pour un artisan du bâtiment, le label RGE — « Reconnu Garant de l'Environnement » — n'est pas un simple logo : c'est la clé d'accès au marché de la rénovation aidée. Sans lui, impossible (ou presque) pour un client de toucher MaPrimeRénov', les certificats d'économies d'énergie ou l'éco-PTZ. Or l'accès à ce label était réputé lourd et décourageait de nombreuses petites structures. Un arrêté publié au Journal officiel le 23 juin 2026 vient rebattre les cartes. On fait le point.

Pourquoi cette réforme était attendue

Le constat était partagé jusque dans les organisations professionnelles : le parcours d'accès au RGE, avec sa formation théorique et ses audits, freinait des artisans pourtant compétents et expérimentés. Résultat, un paradoxe : des entreprises qui rénovent depuis des années restaient à la porte du label — et donc du marché des travaux aidés.

La réforme cherche à corriger ce déséquilibre en ouvrant des voies plus adaptées à la réalité du terrain, sans sacrifier le niveau d'exigence. Trois mesures structurent ce nouveau cadre.

1. La qualification par l'expérience (VAE)

C'est le changement phare. Une entreprise expérimentée pourra obtenir le RGE par validation des acquis de l'expérience, sans passer par le parcours de formation théorique classique. Le principe retenu : présenter trois chantiers de référence audités et conformes suffit à démontrer la compétence.

Le niveau d'expérience demandé est modulé selon le diplôme du responsable technique : plus le diplôme est élevé et en lien avec le métier, moins l'ancienneté exigée est longue. Pour un professionnel qui exerce depuis longtemps sans diplôme spécifique, la durée d'expérience requise est logiquement plus étendue. Les seuils exacts figurent dans le texte : mieux vaut les vérifier auprès de son organisme de qualification avant de monter un dossier.

2. L'attestation « par chantier » pérennisée

Deuxième avancée : une entreprise non titulaire du RGE pourra réaliser des travaux ouvrant droit aux aides chantier par chantier, via une attestation dédiée. Ce mécanisme, expérimenté auparavant, devient permanent.

L'intérêt est double. Pour l'artisan en cours de qualification, il évite une rupture d'activité pendant la constitution du dossier. Pour celui qui ne fait qu'occasionnellement des travaux aidés, il offre une porte d'entrée sans exiger la qualification complète. Là encore, les conditions de délivrance sont encadrées par le texte.

3. Des audits allégés pour les petites structures

La réforme rééquilibre aussi le contrôle. Les entreprises réalisant moins de dix chantiers RGE par an et par famille de travaux relèveront d'un audit tous les quatre ans, un rythme allégé par rapport au régime antérieur. À l'inverse, le contrôle peut être renforcé lorsque des écarts sont constatés, avec un risque de suspension ou de retrait de la qualification si les corrections ne sont pas apportées.

L'équilibre recherché est clair : moins de charge administrative pour les artisans sérieux, plus de vigilance sur les manquements. Une logique qui rejoint le durcissement des contrôles anti-fraude dans la rénovation énergétique que nous suivons depuis plusieurs mois.

Ce que ça change pour vous, concrètement

  • Vous êtes artisan expérimenté sans label ? La VAE et l'attestation par chantier vous ouvrent des voies d'accès inédites. Rapprochez-vous dès maintenant de votre organisme qualificateur (Qualibat, Qualit'ENR…) pour préparer vos chantiers de référence.
  • Vous êtes particulier ? Le label RGE reste la condition pour que vos travaux ouvrent droit aux aides comme MaPrimeRénov'. Vérifiez toujours que votre artisan est bien qualifié pour la famille de travaux concernée — et rappelez-vous qu'un audit énergétique est parfois requis en amont d'un projet d'ampleur.

Notre lecture

Cette réforme est une bonne nouvelle pour un secteur qui manque de main-d'œuvre qualifiée : en reconnaissant l'expérience de terrain, elle devrait élargir le vivier d'entreprises RGE, donc l'offre de travaux aidés. Le garde-fou est maintenu du côté des audits, ciblés sur les écarts. Reste une constante pour l'artisan comme pour son client : la maîtrise du coût des matériaux. Un chantier de rénovation bien acheté, c'est une marge préservée pour l'entreprise et un reste à charge allégé pour le particulier.

Sources : arrêté publié au Journal officiel le 23 juin 2026 ; analyses de la presse spécialisée et des organisations professionnelles du bâtiment. Pour les seuils et dates exacts, référez-vous au texte publié et à votre organisme de qualification.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le label RGE et pourquoi est-il indispensable ?
RGE signifie « Reconnu Garant de l'Environnement ». C'est une qualification qui atteste qu'une entreprise est compétente pour réaliser des travaux de rénovation énergétique. Son enjeu est très concret : pour que leurs clients bénéficient des principales aides publiques — MaPrimeRénov', certificats d'économies d'énergie, éco-prêt à taux zéro —, les travaux doivent la plupart du temps être confiés à une entreprise RGE. Sans ce label, un artisan se coupe de fait d'une large part du marché de la rénovation aidée. D'où l'importance de la réforme de son accès.
En quoi consiste la qualification RGE par VAE ?
La validation des acquis de l'expérience permet à une entreprise déjà expérimentée d'obtenir le label sans suivre le parcours de formation théorique traditionnel. Le principe retenu par l'arrêté : présenter trois chantiers de référence, audités et jugés conformes, suffit à démontrer la compétence. Le niveau d'expérience demandé est modulé selon le diplôme du responsable technique — plus le diplôme est élevé et proche du métier, moins l'ancienneté exigée est longue. Pour connaître les seuils exacts applicables à votre situation, référez-vous au texte publié et à votre organisme de qualification.
Qu'est-ce que l'attestation « par chantier » ?
C'est un mécanisme qui permet à une entreprise non titulaire du label RGE de réaliser malgré tout des travaux ouvrant droit aux aides, chantier par chantier, via une attestation dédiée. Expérimenté auparavant, il est désormais pérennisé. L'intérêt est d'éviter une rupture d'activité pour une entreprise en cours de qualification ou qui ne réalise qu'occasionnellement des travaux aidés. Les conditions précises de délivrance de cette attestation sont fixées par le texte : renseignez-vous auprès de votre organisme qualificateur.
Les audits RGE changent-ils aussi ?
Oui. La réforme cherche à alléger la charge pour les petites structures tout en renforçant le contrôle là où c'est nécessaire. Concrètement, une entreprise réalisant moins de dix chantiers RGE par an et par famille de travaux relève d'un audit tous les quatre ans, au lieu d'un rythme plus soutenu. En parallèle, le dispositif de contrôle peut être durci en cas d'écarts constatés, avec un risque de suspension ou de retrait de la qualification si les mesures correctives ne sont pas prises. L'esprit : moins de paperasse pour les artisans sérieux, plus de vigilance sur les manquements.
À partir de quand ces nouvelles règles s'appliquent-elles ?
L'arrêté a été publié au Journal officiel le 23 juin 2026. Certaines dispositions, notamment la qualification par VAE, sont annoncées pour une mise en œuvre échelonnée. Comme pour toute réforme réglementaire, ce sont les dates précises figurant dans le texte et ses éventuelles instructions d'application qui font foi. Un artisan intéressé a tout intérêt à se rapprocher dès maintenant de son organisme de qualification (Qualibat, Qualit'ENR, etc.) pour préparer son dossier et anticiper le calendrier.

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