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Fin de l'ARENH : le VNU rebat les cartes du prix de l'électricité en 2026

L'ARENH, qui garantissait un accès à l'électricité nucléaire à 42 €/MWh, a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau mécanisme, le Versement Nucléaire Universel, prend le relais avec une philosophie très différente. Décryptage de ce qui change pour les factures des professionnels et des chantiers.

La rédaction BRIKER 3 min de lecture
Fin de l'ARENH : le VNU rebat les cartes du prix de l'électricité en 2026

Discret pour le grand public, le sujet est capital pour toute entreprise qui consomme de l'électricité : l'ARENH a pris fin le 31 décembre 2025, et un nouveau mécanisme, le Versement Nucléaire Universel (VNU), a pris le relais depuis le 1er janvier 2026. Derrière ce sigle se joue une partie du prix de l'électricité pour les ateliers, dépôts et chantiers en 2026.

Rappel : ce qu'était l'ARENH

Créé pour ouvrir le marché à la concurrence, l'ARENH (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique) permettait aux fournisseurs d'acheter à EDF une part d'électricité nucléaire à 42 €/MWh, un prix inchangé depuis 2012. Mais le dispositif était plafonné : la demande dépassait l'offre, provoquant un écrêtement — de l'ordre de 23 % en 2024 et 26 % en 2025 selon les données publiées. Autrement dit, les fournisseurs n'obtenaient qu'une fraction de ce qu'ils demandaient à ce tarif avantageux.

Le VNU : une logique inversée

Instauré par la loi de finances pour 2025, le Versement Nucléaire Universel fonctionne à l'envers de l'ARENH. Là où l'ancien système garantissait un prix d'achat avant la transaction, le VNU intervient a posteriori, sous forme de redistribution sur les factures, et seulement si les prix de marché atteignent des niveaux élevés. Un prix pivot d'environ 70 €/MWh sert de référence sur une quinzaine d'années.

Le mécanisme de reversement, tel que décrit par les analyses publiées (Selectra, UIMM, Opéra Énergie), redistribue à tous les consommateurs une part des revenus du nucléaire dès que les prix de marché franchissent certains seuils — de l'ordre de la moitié au-delà d'environ 78-80 €/MWh, et davantage au-delà de 110 €/MWh. Ces chiffres sont des ordres de grandeur : la CRE et les textes officiels restent la référence à jour.

Ce que ça change pour les professionnels

Conséquence directe : pour beaucoup d'entreprises, le poste électricité se renchérit par rapport aux 42 €/MWh de l'ancien ARENH. Les contrats 2026 se négocient dans une fourchette nettement supérieure. Le VNU joue avant tout un rôle de filet de sécurité contre les flambées de prix — et non de tarif bas garanti au quotidien.

Ce mouvement s'ajoute à d'autres évolutions que nous avons suivies : la hausse du TURPE qui pèse sur les chantiers et la fin du bouclier tarifaire avec la remontée de l'accise. L'électricité s'ajoute ainsi à la liste des postes qui tirent les coûts vers le haut, aux côtés du prix des matériaux du bâtiment.

Le levier qui reste à portée de main

Face à une facture d'énergie en partie subie, il reste des marges de manœuvre : comparer les offres et la durée d'engagement, suivre sa consommation, et surtout agir sur les postes maîtrisables. Or le coût des fournitures d'un chantier, lui, se pilote entièrement.

Quand l'électricité pèse plus lourd sur les charges, bien acheter ses matériaux devient un levier concret pour préserver ses marges. Le déstockage permet de s'équiper aux mêmes références qu'en magasin, à prix réduits — un poste sur lequel une entreprise du bâtiment garde la main, quand les tarifs de l'énergie, eux, lui échappent en partie.

Questions fréquentes

Qu'était l'ARENH ?
L'ARENH, pour Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique, permettait aux fournisseurs alternatifs d'acheter à EDF une part d'électricité nucléaire à un prix régulé de 42 €/MWh, inchangé depuis 2012. Ce mécanisme, conçu pour ouvrir le marché à la concurrence, a expiré le 31 décembre 2025. Sa capacité était plafonnée : la demande dépassait l'offre, avec un écrêtement de l'ordre de 23 % en 2024 et 26 % en 2025 selon les données publiées.
Qu'est-ce que le Versement Nucléaire Universel (VNU) ?
C'est le mécanisme qui remplace l'ARENH depuis le 1er janvier 2026, instauré par la loi de finances pour 2025. Sa logique est inversée : au lieu de garantir un prix d'achat avant la transaction, il prévoit une redistribution a posteriori sur les factures, uniquement si les prix de marché dépassent des seuils élevés. Un prix pivot de l'ordre de 70 €/MWh sert de référence sur une quinzaine d'années.
Comment fonctionne le reversement ?
Lorsque les revenus tirés du nucléaire dépassent certains seuils de prix de marché, une partie de l'excédent est reversée à l'ensemble des consommateurs, quel que soit leur fournisseur. Les analyses publiées évoquent un reversement d'environ la moitié au-delà d'un seuil situé autour de 78-80 €/MWh, et davantage au-delà de 110 €/MWh. Ces valeurs sont des ordres de grandeur : la CRE et les textes officiels restent la référence.
Quel impact sur ma facture d'électricité professionnelle ?
Pour beaucoup de professionnels, le poste électricité se renchérit par rapport à l'ancien prix ARENH de 42 €/MWh : les contrats 2026 se négocient dans une fourchette supérieure. Le VNU joue surtout un rôle de filet de sécurité contre les flambées, pas de prix bas garanti au quotidien. L'ordre de grandeur exact dépend de votre contrat, de sa durée et de la période de souscription.
Que peut faire une entreprise du bâtiment pour limiter la facture ?
Comparer les offres et la durée d'engagement, suivre sa consommation (atelier, dépôt, chantiers raccordés), et agir sur les postes maîtrisables. Le prix de l'énergie est en partie subi ; en revanche, le coût des fournitures d'un chantier se pilote. Bien acheter ses matériaux reste l'un des leviers concrets pour préserver ses marges quand l'électricité pèse plus lourd.

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