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NGE fait valider par la SBTi sa trajectoire carbone jusqu'en 2050

Le groupe de construction vise une forte baisse de ses émissions directes d'ici 2035 et le net-zéro sur sa chaîne de valeur en 2050. La validation fixe un cap, pas un résultat acquis.

La rédaction BRIKER 3 min de lecture
NGE fait valider par la SBTi sa trajectoire carbone jusqu'en 2050

Le groupe de construction NGE a annoncé le 13 octobre 2026 que la Science Based Targets initiative, ou SBTi, avait validé ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Cette étape donne un cadre chiffré à sa trajectoire : elle ne certifie ni un chantier particulier ni une baisse déjà obtenue. La nuance compte, car un objectif reconnu ne prend de valeur qu'avec des actions, des mesures et des résultats publiés dans la durée.

Deux horizons et trois périmètres d'émissions

NGE prend 2021 comme année de référence. À l'horizon 2035, le groupe vise une réduction absolue de 63 % de ses émissions des scopes 1 et 2. Le scope 1 couvre les émissions directes, par exemple celles liées aux carburants consommés par les engins. Le scope 2 correspond à l'énergie achetée, notamment l'électricité.

Pour le scope 3, qui regroupe le reste de la chaîne de valeur, l'objectif est une baisse de 67 % par euro de valeur ajoutée. Il s'agit donc d'un indicateur d'intensité, et non d'une diminution absolue formulée de la même façon. À plus long terme, NGE annonce viser le net-zéro sur l'ensemble de sa chaîne de valeur d'ici 2050.

Cette lecture par périmètre aide à ne pas confondre l'électricité d'un dépôt, le gazole d'un engin et le carbone incorporé dans un matériau. Notre article sur l'aide aux engins électriques dans les activités de granulats et de béton montre combien les leviers et les dispositifs varient selon l'usage réel.

Les choix concrets derrière la trajectoire

Le communiqué cite l'électrification des véhicules et matériels, les énergies alternatives et les matériaux à plus faible impact. Sur un chantier, cela suppose d'abord de mesurer : heures machine, litres consommés, kilomètres, quantité de béton ou d'acier, réemploi et déchets. Sans base comparable, une solution peut déplacer les émissions plutôt que les réduire.

L'électrification d'un engin devient pertinente si l'autonomie, la puissance, la recharge et l'organisation du chantier sont compatibles. Un matériau bas carbone doit être évalué avec sa disponibilité, son transport, sa mise en œuvre et les exigences techniques de l'ouvrage. Le réemploi exige quant à lui diagnostic, traçabilité, stockage et assurance de l'aptitude à l'usage.

Les petites entreprises ne sont pas exclues de cette logique. Elles peuvent commencer par des données accessibles : consommation mensuelle, kilomètres, pertes de matériaux et taux de remplissage des véhicules. Trier les surplus réutilisables et les proposer à d'autres professionnels évite aussi que des produits encore aptes à l'emploi deviennent des déchets.

Ce que les donneurs d'ordre peuvent demander

Une trajectoire groupe se traduit dans les marchés par des exigences de preuve. Avant d'annoncer une économie de carbone, le client et l'entreprise doivent définir le périmètre, l'unité fonctionnelle et la situation de référence. Comparer deux variantes sur des bases différentes produit un chiffre séduisant mais inutilisable.

Les artisans qui répondent à ces marchés ont intérêt à conserver fiches techniques, bons de livraison, consommations et justificatifs de traitement. Cette discipline rejoint les critères environnementaux des marchés publics et peut devenir un avantage commercial lorsque les engagements sont vérifiables.

Il reste essentiel de distinguer objectif d'entreprise et performance d'un ouvrage. Une trajectoire validée ne garantit pas que chaque chantier soit déjà bas carbone. À l'inverse, une variante ponctuellement vertueuse ne suffit pas à prouver la baisse du groupe. Les deux niveaux se complètent : le bilan consolidé montre la direction, tandis que les données de chantier permettent d'arbitrer entre solutions et de contrôler les résultats annoncés.

La validation SBTi fournit donc un cap externe et chiffré. Le véritable test se jouera dans l'exécution : évolution des émissions absolues, qualité des données, décisions d'achat et capacité à embarquer fournisseurs et sous-traitants sans simplement leur transférer la contrainte.

Sources : NGE, communiqué du 13 octobre 2026 ; Construction BTP, 13 octobre 2026 ; Batiactu, 13 octobre 2026

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la SBTi ?
La Science Based Targets initiative évalue si les objectifs climatiques d'une entreprise suivent ses critères et les connaissances scientifiques disponibles.
Quels objectifs NGE fixe-t-il pour 2035 ?
Le groupe annonce -63 % d'émissions absolues sur les scopes 1 et 2 et -67 % d'intensité sur le scope 3 par euro de valeur ajoutée, par rapport à 2021.
La validation prouve-t-elle que les baisses sont déjà réalisées ?
Non. Elle valide la cohérence des objectifs soumis ; leur réalisation devra être mesurée dans le temps.
Quels leviers de chantier sont cités ?
NGE mentionne l'électrification des véhicules et matériels, les énergies alternatives et les matériaux à plus faible impact.

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