Une campagne européenne de surveillance du marché a contrôlé 40 amortisseurs d'ascenseur. Parmi les 33 modèles en polyuréthane testés, 28 ont été déclarés non conformes, soit 85 %. Les sept modèles hydrauliques du panel ont, eux, satisfait aux essais annoncés.
Le chiffre est sérieux, mais il doit être lu avec précision. Il ne signifie pas que 85 % des ascenseurs en service présentent un danger. Il décrit un échantillon de produits prélevés dans six pays dans le cadre de l'action conjointe JACOP 2025. La première étape consiste donc à identifier un équipement, pas à extrapoler le résultat à tout un immeuble.
Un composant discret mais essentiel
L'amortisseur se trouve au fond de la gaine. Il doit absorber ou dissiper l'énergie de la cabine ou du contrepoids lorsque l'un d'eux dépasse son point d'arrêt normal. Les modèles en polyuréthane travaillent par compression ; les modèles hydrauliques utilisent un fluide.
Les essais ont examiné notamment la décélération, le retour du composant à sa position et l'apparition de déformations permanentes. Pour les modèles hydrauliques, les contrôleurs ont aussi recherché d'éventuelles fuites. La principale faiblesse relevée sur les références en polyuréthane concernait une capacité insuffisante à ralentir l'équipement dans les limites prévues.
Cette fonction de dernier recours explique pourquoi une pièce invisible pour les occupants mérite une traçabilité complète. Elle s'inscrit dans la même logique que les contrôles d'un détecteur de fumée : l'absence d'incident quotidien ne suffit pas à prouver que le dispositif réagira correctement.
Ce que la campagne a déclenché
Les autorités de surveillance ont contacté 23 opérateurs économiques. Cinq amortisseurs en polyuréthane ont déjà fait l'objet d'une interdiction de vente, tandis que d'autres échanges documentaires et mesures correctives se poursuivent. Les informations ont été partagées par les circuits européens de surveillance, dont Safety Gate.
Les recommandations visent les fabricants et distributeurs : cohérence entre lots, nouveaux essais en cas de modification des matières ou du procédé, documentation technique à jour et instructions claires de stockage, de pose et d'entretien.
Pour un gestionnaire d'immeuble, le message n'est pas de démonter l'installation. Il faut retrouver le carnet d'entretien, le contrat, les références disponibles et demander au mainteneur si le parc comprend un produit visé par les mesures. Toute réponse devrait être conservée avec les documents de l'appareil.
Une vérification à confier au mainteneur
La fosse et la gaine cumulent risques de chute, d'écrasement et d'accès à des organes techniques. Elles ne doivent jamais être ouvertes ou inspectées par un copropriétaire. Le professionnel qualifié peut identifier la technologie, le fabricant, le modèle et le lot, puis comparer ces informations aux alertes diffusées.
Si une référence est concernée, la mesure appropriée dépend du niveau de risque et de la décision des autorités : contrôle complémentaire, remplacement ou restriction. Une copropriété doit demander un écrit indiquant le constat, l'action et son échéance plutôt qu'une assurance orale.
Le carnet d'information du logement rappelle plus largement l'intérêt d'une documentation technique conservée dans le temps. Pour les équipements collectifs, une logique comparable facilite les décisions lors d'un changement de syndic ou de prestataire.
Ne pas confondre alerte ciblée et panique générale
Le panel contrôlé a été constitué pour une campagne de conformité, pas pour mesurer statistiquement tout le parc européen. Le résultat justifie une vérification ciblée et une meilleure surveillance des composants, sans conclure que chaque appareil doit être arrêté.
La bonne réponse tient en trois actions : identifier, documenter, faire traiter par le mainteneur. Cette méthode protège les occupants et évite qu'un chiffre spectaculaire ne conduise à une intervention dangereuse ou inutile.
Sources : Batiweb — résultats de la campagne sur les amortisseurs ; Commission européenne — Safety Gate, système d'alerte sur les produits.
Questions fréquentes
- Tous les ascenseurs sont-ils concernés ?
- Non. La campagne a testé 40 produits précis, dont 33 modèles en polyuréthane. Le taux observé ne peut pas être appliqué à l'ensemble du parc.
- À quoi sert l'amortisseur d'un ascenseur ?
- Installé au fond de la gaine, il absorbe ou dissipe l'énergie si la cabine ou le contrepoids dépasse sa position normale d'arrêt.
- Que doit faire une copropriété ?
- Demander au mainteneur d'identifier les références installées, de vérifier les alertes applicables et de documenter les mesures correctives éventuelles.
- Peut-on inspecter soi-même la fosse ?
- Non. La gaine et la fosse sont des zones techniques dangereuses réservées aux professionnels habilités.
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