C'est une petite révolution discrète pour un matériau omniprésent. En 2026, Point.P — marque du groupe Saint-Gobain — et la société canadienne CarbiCrete lancent près de Lille la première ligne française de blocs béton sans ciment. Un pas concret vers un gros œuvre bas carbone.
Remplacer le ciment, piéger le CO2
Le principe est double. D'abord, supprimer le ciment, de loin le composant le plus émetteur de CO2 dans un béton. Dans le procédé de CarbiCrete, il est remplacé par des sous-produits industriels, notamment des laitiers d'aciérie. Ensuite, ces matériaux réagissent avec du CO2 injecté pendant la fabrication : le gaz est séquestré dans le bloc et assure son durcissement.
Résultat annoncé : une empreinte carbone inférieure d'environ 60 % à celle d'un bloc standard sur l'ensemble du cycle de vie, selon les évaluations initiales communiquées. Une fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) est prévue début 2026 pour documenter ces performances.
Une production industrielle, pas un prototype
L'annonce marque un tournant parce qu'elle quitte le laboratoire. La production démarre sur un site existant à Don, près de Lille (Nord), avec une capacité de 20 000 tonnes de blocs en 2026, appelée à monter vers 40 000 tonnes en 2027. La technologie avait d'abord été éprouvée au Québec avant son déploiement en France.
Les volumes restent modestes à l'échelle du marché du béton, et le matériau traditionnel domine encore largement. Mais le passage à une production industrielle française est un signal fort pour un secteur poussé à se décarboner.
Un mouvement de fond dans la construction
Cette innovation s'inscrit dans une dynamique plus large : la réglementation environnementale pousse le bâtiment à réduire son empreinte, comme le montrent les seuils carbone de la RE2020. Elle intervient aussi dans un contexte de prix des matériaux tendus, où chaque poste du gros œuvre est scruté.
Pour les maçons et les autobâtisseurs, le bloc béton reste un incontournable, que l'on retrouve aussi bien pour monter un mur en parpaing que pour couler une dalle béton. Voir arriver des versions bas carbone à l'échelle industrielle est une bonne nouvelle pour l'avenir de ces ouvrages.
Bien acheter, aujourd'hui comme demain
Que le béton soit classique ou bas carbone, le coût des matériaux de gros œuvre pèse lourd dans un budget de chantier. En attendant que les solutions bas carbone se démocratisent, s'approvisionner malin reste la règle : le déstockage permet de trouver des matériaux de gros œuvre aux mêmes références qu'en magasin, à prix réduits — un moyen concret de contenir la facture sans rogner sur la qualité.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce qu'un béton « sans ciment » ?
- C'est un béton dans lequel le ciment — de loin le composant le plus émetteur de CO2 — est remplacé par d'autres liants. Dans le procédé développé par CarbiCrete, ce sont des sous-produits industriels comme les laitiers d'aciérie qui remplacent le ciment. Ces matériaux réagissent avec du CO2 injecté, qui est piégé dans le bloc et assure son durcissement.
- Pourquoi est-ce important pour le climat ?
- La production de ciment est responsable d'une part importante des émissions mondiales de CO2. Un bloc qui se passe de ciment et qui, en plus, séquestre du CO2 pendant sa fabrication affiche une empreinte carbone nettement réduite — de l'ordre de 60 % de moins qu'un bloc standard sur le cycle de vie, selon les évaluations initiales communiquées.
- Où et quand ces blocs sont-ils produits ?
- La production démarre en 2026 sur un site existant à Don, près de Lille, dans le Nord. La capacité annoncée est de 20 000 tonnes de blocs en 2026, avec une montée en puissance visée à 40 000 tonnes en 2027. Il s'agit de la première ligne de ce type en France, la technologie ayant d'abord été éprouvée au Québec.
- Ces blocs sont-ils fiables pour construire ?
- La technologie a été éprouvée au Canada avant son déploiement français, et une fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) est prévue début 2026 pour documenter ses performances. Comme pour tout matériau de gros œuvre, la mise en œuvre doit respecter les règles de l'art et, en cas de doute sur un usage structurel, l'avis d'un bureau d'études ou d'un professionnel reste recommandé.
- Le béton bas carbone va-t-il remplacer le béton classique ?
- Pas du jour au lendemain. Les volumes annoncés restent modestes à l'échelle du marché, et le béton traditionnel domine encore largement. Mais le passage d'un procédé du laboratoire à une production industrielle en France est un signal : les solutions bas carbone quittent le stade de la démonstration pour entrer, progressivement, dans les chantiers réels.
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