La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a lancé le 7 octobre 2026 un appel à manifestation d’intérêt consacré à l’habitat intermédiaire. Cinq départements pilotes seront accompagnés pendant 18 mois pour diagnostiquer les besoins, programmer une offre adaptée et faire émerger des opérations. Derrière ce terme se trouvent notamment les résidences autonomie et l’habitat inclusif, entre le domicile classique et l’établissement médicalisé.
Cinq territoires pour construire une méthode
L’appel s’adresse aux conseils départementaux. Les candidatures sont annoncées jusqu’au 16 novembre 2026 inclus. La sélection cherchera à représenter des réalités variées : territoires urbains ou ruraux, littoraux, de montagne, ultramarins, denses ou peu denses.
Cette diversité n’est pas décorative. Adapter l’offre suppose de comprendre où vivent les personnes, quels services existent, comment elles se déplacent et quels bâtiments peuvent être transformés. Une résidence bien située dans une ville compacte ne répond pas aux mêmes contraintes qu’un petit ensemble réparti dans un département rural.
Le projet associe la CNSA, la Caisse des Dépôts, la Direction générale de la cohésion sociale, la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages et la Caisse nationale d’assurance vieillesse. L’ANAP apporte également son appui méthodologique.
Une enveloppe partagée entre études et investissement
Chaque lauréat pourra recevoir une enveloppe maximale de 1,5 million d’euros. La fiche officielle distingue jusqu’à 200 000 euros pour le diagnostic social, la préprogrammation et la chefferie de projet, puis jusqu’à 1,3 million d’euros pour des investissements liés à la création ou à la restructuration d’habitats intermédiaires.
Cette répartition évite de confondre bâtiment et projet de vie. Avant de dessiner des logements, il faut déterminer les personnes concernées, les services nécessaires, la gouvernance, le modèle économique et l’articulation avec les acteurs locaux. Les travaux viennent concrétiser une trajectoire, mais ne la remplacent pas.
Quels besoins techniques dans les logements ?
L’habitat intermédiaire demande plus qu’un simple logement neuf. Les circulations, seuils, salles d’eau, éclairages et accès extérieurs doivent limiter les obstacles. Les espaces communs doivent rester faciles à comprendre et à entretenir. Une adaptation pertinente préserve l’autonomie sans donner au lieu l’apparence d’un établissement de soins.
Les choix techniques doivent également anticiper l’évolution des usages. Des cloisons adaptables, des réservations bien placées et des équipements réparables réduisent les interventions futures. L’article BRIKER sur l’adaptation de millions de logements au vieillissement rappelle l’ampleur du besoin national ; le nouvel appel cherche, lui, à construire des réponses territoriales opérationnelles.
Ce que les départements devront organiser
Le diagnostic devra croiser l’offre existante, les besoins futurs et la capacité des opérateurs. Il faudra associer collectivités, bailleurs, associations, services médico-sociaux et financeurs. La programmation ne peut pas se limiter à une liste de bâtiments : elle doit préciser les publics, les calendriers, les responsabilités et les ressources.
Pour les professionnels du bâtiment, ces projets ouvrent des besoins en accessibilité, rénovation, restructuration et performance énergétique. Mais l’annonce ne vaut pas marché attribué. Les opérations suivront leurs propres études et consultations. Les entreprises doivent surveiller les publications locales et présenter des solutions compatibles avec l’usage, pas seulement avec la conformité minimale.
À l’échelle d’un particulier, l’actualité rappelle aussi l’intérêt d’anticiper. Une douche accessible, un éclairage mieux réparti ou une circulation dégagée sont plus simples à prévoir avant une perte de mobilité. Notre tutoriel pour poser une main courante d’escalier illustre ce type d’amélioration ciblée.
Le programme pilote ne construira pas à lui seul toute l’offre nécessaire. Son ambition est de produire une méthode réutilisable : diagnostiquer, programmer, financer puis capitaliser. Si les cinq territoires documentent leurs choix et leurs résultats, les départements suivants pourront gagner un temps précieux.
Sources : CNSA, actualité du 7 octobre 2026 ; CNSA, appel à manifestation d’intérêt et modalités
Questions fréquentes
- Qu’est-ce que l’habitat intermédiaire ?
- Il regroupe notamment des résidences autonomie et des formes d’habitat inclusif situées entre le domicile ordinaire et l’établissement médicalisé.
- Qui peut candidater à l’appel ?
- L’appel vise les conseils départementaux, qui doivent déposer un dossier complet auprès de la CNSA.
- Combien de territoires seront sélectionnés ?
- La CNSA prévoit de retenir cinq territoires départementaux pilotes aux contextes diversifiés.
- L’aide finance-t-elle seulement des travaux ?
- Non. L’enveloppe annoncée distingue l’ingénierie et la chefferie de projet des investissements de création ou de restructuration.
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