La ventilation nocturne est souvent présentée comme un geste simple : ouvrir quand l'air extérieur est plus frais, fermer quand la chaleur revient. Dans une ville dense, la décision est pourtant plus complexe. Orientation du bâtiment, inertie, bruit, sécurité, humidité, voisinage minéral et météo locale modifient le résultat. C'est précisément ce que veut étudier le projet BIEM-VEN-U, soutenu par l'ADEME.
Un projet de recherche de 36 mois
Le projet a démarré le 1er octobre 2026 et sa durée annoncée est de 36 mois. L'ADEME indique un coût total de 362 300 euros, avec une aide de 233 300 euros. Le coordinateur est SOLENEOS, avec le CNRS, la Ville de Lyon et SWITCH/Oxalis parmi les partenaires mentionnés.
Le sujet est le rafraîchissement des bâtiments en période caniculaire, en particulier la façon dont la ventilation nocturne peut être pilotée selon les conditions urbaines. La nuance est importante : le projet ne présente pas une recette universelle ni un équipement miracle. Il cherche à construire un modèle et des outils capables d'éclairer les décisions.
Cette actualité complète les travaux sur la qualité de l'environnement intérieur et la formation aux systèmes de ventilation, mais elle ne les remplace pas. Recherche, formation et réception d'une installation sont trois étapes différentes.
Pourquoi le rafraîchissement nocturne est délicat
Lorsque la température extérieure baisse en soirée, l'ouverture des baies peut aider à évacuer une partie de la chaleur accumulée dans les parois et les planchers. L'effet dépend toutefois de l'écart entre l'intérieur et l'extérieur, de la durée d'ouverture et de la capacité du bâtiment à stocker puis restituer la chaleur.
Un bâtiment en centre-ville peut rester chaud la nuit à cause des surfaces minérales et des équipements environnants. Le bruit ou la pollution peuvent rendre l'ouverture inconfortable. Dans un établissement accueillant du public, la sécurité et la surveillance doivent aussi être intégrées. La ventilation ne se résume donc pas à programmer un horaire identique pour toutes les pièces.
Le modèle étudié par BIEM-VEN-U doit croiser les données du bâtiment avec son environnement immédiat. L'objectif est de mieux comprendre les effets combinés de la météo, des matériaux, des ouvertures, de la circulation de l'air et des usages. Des capteurs doivent contribuer à documenter les conditions réelles.
Un terrain lyonnais et des bâtiments patrimoniaux
L'ADEME mentionne une expérimentation à Lyon, avec un intérêt pour des bâtiments urbains et patrimoniaux. Ce choix est intéressant : un bâtiment ancien ne peut pas toujours recevoir les mêmes équipements ou les mêmes ouvertures qu'une construction neuve. La protection du patrimoine, la réversibilité des interventions et le confort des occupants doivent avancer ensemble.
Pour un professionnel, cette approche rappelle une règle de chantier : avant de prescrire, il faut diagnostiquer. Épaisseur des murs, menuiseries, ventilation existante, traces d'humidité, état des protections solaires et organisation des espaces doivent être observés. Une solution pertinente dans un appartement traversant peut être inadaptée à un local mono-orienté.
Ce que les professionnels peuvent en attendre
Le projet doit produire des outils d'aide à la décision. Ils pourraient aider à choisir les horaires d'ouverture, à identifier les pièces à surveiller et à articuler ventilation naturelle et systèmes mécaniques. À ce stade, il serait prématuré de promettre des économies, une température cible ou un résultat identique dans tous les quartiers.
Les entreprises de rénovation peuvent néanmoins suivre le sujet pour enrichir leurs diagnostics de confort d'été. Les demandes des clients évoluent : isoler reste important, mais une enveloppe plus performante peut aussi conserver la chaleur si les protections solaires et la ventilation sont mal pensées. Le raisonnement doit intégrer la saison chaude, les usages et la maintenance.
Les bonnes questions en attendant les résultats
Sur un projet concret, demandez où se trouve la chaleur, quand elle entre, comment elle sort et qui peut agir sur les ouvrants. Vérifiez aussi les risques d'humidité et de condensation avant de conseiller des ouvertures prolongées. Dans les bâtiments collectifs, le règlement, la sécurité et les voisins comptent autant que la physique du bâtiment.
BIEM-VEN-U est donc une actualité à suivre, pas une validation immédiate. Les résultats devront être publiés, testés et confrontés à des bâtiments différents avant toute généralisation. La valeur du projet tient justement à cette méthode : mesurer, modéliser, expérimenter puis documenter les limites.
Sources : ADEME — projet BIEM-VEN-U · ADEME — lauréats Bâtiment responsable 2026 · Cerema — pilotage et ouverture nocturne.
Questions fréquentes
- Que signifie BIEM-VEN-U ?
- C'est le nom du projet de recherche consacré au rafraîchissement des bâtiments en milieu urbain pendant les périodes caniculaires, avec un travail sur la ventilation nocturne et les microclimats.
- Le projet propose-t-il déjà une solution commercialisable ?
- Non. Il s'agit d'un projet de recherche et d'expérimentation sur 36 mois. Les outils et résultats doivent encore être produits et évalués.
- Où le projet sera-t-il étudié ?
- L'ADEME mentionne notamment un terrain d'étude à Lyon, sur des bâtiments présentant des enjeux patrimoniaux et urbains.
- Pourquoi mesurer le microclimat ?
- La température, les flux d'air, les usages et l'environnement proche influencent le confort. La mesure aide à éviter une réponse uniforme à des bâtiments très différents.
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