Assurance habitation : pourquoi la surprime catastrophe naturelle alourdit la facture en 2026
Vous avez peut-être remarqué que votre cotisation d'assurance habitation a grimpé à son renouvellement. En cause, notamment : la surprime « catastrophes naturelles », passée de 12 % à 20 % de la prime, qui produit son plein effet sur les contrats renouvelés en 2026. Explication d'un mécanisme méconnu et de ce qu'il finance.

À l'ouverture de votre avis d'échéance, la surprise est parfois désagréable : la cotisation d'assurance habitation a encore augmenté. Plusieurs facteurs se conjuguent, mais l'un d'eux est à la fois discret et déterminant — la surprime « catastrophes naturelles », dont le taux a été fortement relevé et qui produit son plein effet en 2026.
De 12 % à 20 % : ce qui a changé
Par un arrêté du 22 décembre 2023, l'État a relevé le taux de la surprime cat-nat de 12 % à 20 % de la prime pour les contrats couvrant les dommages aux biens — c'est-à-dire les assurances multirisques habitation et les assurances de biens professionnels. Pour l'assurance auto (garanties vol et incendie), la surprime est passée de 6 % à 9 %.
Cette hausse s'applique aux contrats prenant effet ou renouvelés à partir du 1er janvier 2025. Comme chaque contrat bascule à sa date anniversaire, c'est en 2026 que la mesure produit son plein effet sur l'ensemble du parc assuré. Autrement dit, même si le texte date de fin 2023, beaucoup de foyers n'en ressentent l'impact complet que cette année.
À quoi sert cette surprime ?
La surprime n'est pas une marge pour les assureurs : elle finance le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, un dispositif de solidarité nationale qui prend en charge les dégâts liés aux inondations, à la sécheresse ou aux mouvements de terrain, dès lors que l'état de catastrophe naturelle est reconnu par arrêté.
Or ce régime est sous pression. Son premier poste de sinistres n'est plus l'inondation, mais le retrait-gonflement des argiles — ces fissures qui apparaissent sur les maisons après les étés secs. Un phénomène directement lié aux épisodes de sécheresse que nous évoquions dans notre article sur les restrictions d'eau sur les chantiers et au jardin.
Sécheresse, fissures et facture : le cercle qui se referme
Le mécanisme est logique. Des étés plus chauds et plus secs multiplient les mouvements de sol, donc les fissures sur les maisons, donc les indemnisations, donc la pression sur le financement du régime — d'où le relèvement de la surprime. Selon les baromètres du secteur, la prime moyenne d'assurance habitation progresse d'environ 13 % en 2026, sous l'effet combiné de cette surprime, de la sinistralité climatique et de l'inflation des coûts de réparation.
Pour les bailleurs, la note grimpe aussi côté assurance propriétaire non occupant (PNO), ce qui vient s'ajouter aux autres charges de la location.
Que faire concrètement ?
Face à des fissures apparues après un épisode de sécheresse, quelques réflexes utiles : photographier et dater les désordres, surveiller leur évolution, et se rapprocher de sa mairie pour savoir si une demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle est envisagée. Côté entretien, mieux vaut traiter tôt les petites fissures superficielles — notre guide pour reboucher proprement un trou ou une fissure dans un mur donne la méthode — tout en gardant à l'esprit qu'une fissure structurelle relève d'un professionnel.
Enfin, si la surprime cat-nat n'est pas négociable, le reste de la prime l'est : comparer les offres et ajuster ses garanties reste pertinent, sans jamais sous-assurer son bien. Cette hausse s'inscrit d'ailleurs dans un mouvement plus large de renchérissement des couvertures du secteur, dont témoigne aussi la hausse des cotisations de l'assurance décennale des artisans.
Et BRIKER dans tout ça ?
Quand un sinistre impose des réparations — reprise d'enduit, rebouchage de fissures, remise en état après dégât des eaux — le coût des matériaux pèse dans le budget. BRIKER permet de s'équiper au meilleur prix grâce au déstockage de matériaux et à la livraison rapide, pour que la remise en état ne se transforme pas en seconde mauvaise surprise financière.
💡 À retenir : la surprime cat-nat à 20 % explique une part de la hausse de votre assurance habitation en 2026. Elle finance un régime sous tension, surtout à cause des fissures liées à la sécheresse. Entretenir son logement et documenter les désordres reste la meilleure prévention.
Sources : arrêté du 22 décembre 2023 relatif au taux de la surprime cat-nat ; analyses assurantielles 2026 (MACSF, baromètres Assurland relayés par la presse économique). Pour toute démarche, la référence reste votre contrat et les arrêtés publiés au Journal officiel.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la surprime « catastrophes naturelles » ?
- C'est une contribution obligatoire ajoutée à votre prime d'assurance habitation (ou d'assurance de biens professionnels). Elle alimente le régime public-privé d'indemnisation des catastrophes naturelles (« cat-nat »), qui couvre des événements comme les inondations, la sécheresse ou les mouvements de terrain, une fois l'état de catastrophe naturelle reconnu par arrêté. Vous ne la choisissez pas : elle est fixée par l'État en pourcentage de la prime. C'est ce taux qui a été relevé de 12 % à 20 % pour les dommages aux biens.
- Pourquoi ce taux a-t-il augmenté ?
- Parce que le régime cat-nat coûte de plus en plus cher à financer. Le changement climatique multiplie et intensifie les événements indemnisés, et l'inflation renchérit le coût des réparations. Le premier poste de sinistres est aujourd'hui le retrait-gonflement des argiles : lors des étés secs, les sols argileux se rétractent puis gonflent avec le retour de l'humidité, ce qui provoque des fissures parfois graves sur les maisons. Relever la surprime vise à assurer l'équilibre financier du régime face à ces tensions durables.
- Qu'est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?
- C'est un phénomène géologique : dans les terrains argileux, le sol se contracte quand il sèche (canicule, sécheresse prolongée) et se dilate quand il se réhumidifie. Ces mouvements alternés fatiguent les fondations et peuvent fissurer les murs porteurs, les façades et les dallages, surtout sur les maisons individuelles sans fondations profondes. C'est devenu la première cause d'indemnisation du régime cat-nat, ce qui explique une partie de la pression sur les cotisations.
- Comment être indemnisé après une catastrophe naturelle ?
- Deux conditions cumulatives : votre contrat multirisque habitation doit être en cours (la garantie cat-nat y est automatiquement incluse), et l'état de catastrophe naturelle doit être reconnu pour votre commune par un arrêté interministériel publié au Journal officiel. Une fois l'arrêté paru, vous disposez d'un délai pour déclarer le sinistre à votre assureur. Une franchise légale reste à votre charge. En cas de fissures suspectes après un épisode de sécheresse, il est prudent de les documenter (photos datées) et de se renseigner auprès de sa mairie sur une éventuelle demande de reconnaissance.
- Peut-on réduire sa cotisation d'assurance habitation ?
- La surprime cat-nat, elle, n'est pas négociable puisqu'elle est fixée par l'État. En revanche, le reste de la prime dépend de votre assureur, de vos garanties et de votre profil de risque. Comparer les offres, ajuster ses garanties à ses besoins réels et entretenir son logement (toiture, évacuations des eaux, fissures traitées à temps) peut jouer sur le tarif et surtout limiter les sinistres. Attention toutefois : sous-assurer son logement pour payer moins cher est un mauvais calcul le jour d'un sinistre.
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